À l’occasion de sa 3e campagne nationale sur les maladies cardiométaboliques, l’IHU ICAN lance un cri d’alarme, appuyé par une tribune publiée dans Le Figaro Santé le mardi 7 avril 2026 (Journée mondiale de la Santé).
La prévention est devenue indispensable pour alléger le poids de ces maladies sur la santé des Français et le système de soins.
Un virage à 180 degrés est nécessaire et la responsabilité est aussi individuelle que collective.

Maladies cardiométaboliques : un enjeu majeur de santé publique

Face au vieillissement de la population et à une hygiène de vie dégradée, la prévention apparaît comme la seule solution durable pour préserver la santé des Français et le système de soins.
L’enjeu est considérable : chacun sera concerné à un moment de sa vie.
L’IHU ICAN se positionne comme un moteur de cette transition vers la médecine préventive. En janvier 2026, un colloque réunissant pouvoirs publics, chercheurs, médecins, patients et industriels a été organisé au ministère de la Santé.
Comprendre les maladies cardiométaboliques et leurs risques
Le concept de maladies cardiométaboliques met en lumière une réalité encore trop peu connue : les troubles métaboliques tels que le diabète, l’obésité, la stéatose hépatique métabolique (MASH), les dyslipidémies ou l’hypertension artérielle constituent un ensemble de pathologies étroitement liées qui favorisent la survenue d’accidents cardiovasculaires.
Les maladies cardiométaboliques regroupent plusieurs pathologies liées entre elles :
- diabète
- obésité
- stéatose hépatique métabolique (MASH)
- dyslipidémies
- hypertension artérielle
Ces maladies favorisent les événements cardiovasculaires :
- accidents vasculaires cérébraux (AVC)
- infarctus du myocarde
- insuffisance cardiaque
Malgré les progrès médicaux, la baisse de la mortalité est aujourd’hui à l’arrêt.
Les progrès médicaux ont été remarquables aux XXe et XXIe siècles avec un nombre de décès par accidents cardiovasculaires qui s’est effondré de 320 cas pour 100 000 habitants en 1955 à une soixantaine en 2022. Mais la chute est désormais enrayée et la mortalité ne diminue plus.
cause de mortalité en France
hospitalisations par an liées aux maladies cardiovasculaires
de personnes vivent avec des séquelles souvent graves : déficits neurologiques, paralysies, dépendances…
de dépenses annuelles liées à la prise en charge des maladies cardiométaboliques et leurs complications (20% du budget de l’Assurance Maladie)
La prévention des maladies cardiométaboliques : un levier indispensable
La prévention fait l’unanimité des acteurs du soin
« Il est urgent d’activer très fortement ce levier et à toutes les étapes de progression de ces maladies. En effet, elles forment un continuum, elles sont intriquées et évolutives. Ainsi, la prévention primaire est destinée à prévenir l’apparition des maladies cardiométaboliques, la secondaire à empêcher la survenue de leurs complications et la tertiaire à lutter contre les récidives en cas d’accident cardiovasculaire »
Pr Stéphane Hatem, Directeur général de l’IHU ICAN

Lorsqu’une maladie cardiométabolique est diagnostiquée, l’objectif est d’en rechercher une autre associée car ces maladies sont intriquées et contrôlées par des signaux communs, par exemple hypertension et diabète ou hypercholestérolémie.
3 niveaux complémentaires de prévention
Prévention primaire : éviter l’apparition des maladies
Elle consiste à adopter des comportements favorables à la santé :
- activité physique régulière
- alimentation équilibrée
- arrêt du tabac
- réduction de l’alcool, du sel et du sucre
- sommeil suffisant
Prévention secondaire : éviter les complications
Une fois la maladie diagnostiquée, il est essentiel de :
- dépister les pathologies associées
- atteindre les objectifs thérapeutiques
Le non-respect des objectifs (glycémie, cholestérol, tension) entraîne une perte de chance importante pour les patients.
Prévention primaire : éviter l’apparition des maladies
Après un accident cardiovasculaire, le risque de récidive est élevé.
Une prise en charge intensive est nécessaire pour :
- stabiliser la maladie
- prévenir de nouveaux événements
- protéger les organes (cœur, reins, foie, vaisseaux)
Par exemple : alors que l’hypertension est responsable de 40% des accidents vasculaires cérébraux et de 45% des maladies ischémiques, à peine un quart des patients hypertendus est traité de façon efficace afin de ramener les chiffres tensionnels aux objectifs.
Médecins et patients doivent mieux comprendre les bénéfices d’une prise en charge beaucoup plus ambitieuse.
L’atteinte des objectifs de prise en charge recommandés par les sociétés savantes est nécessaire. Ils sont basés sur des preuves établies dans le cadre d’essais cliniques rigoureux.
Vers un plan national de prévention cardiométabolique

- Pour favoriser cette prévention au long cours, adaptée à toutes les trajectoires de vie et aux profils de chaque patient, l’IHU ICAN préconise la mise en place d’un parcours de soins cardio-métabolique-rénal coordonné et personnalisé.
- Développer la prévention des maladies cardiométaboliques et rénales nécessite d’investir collectivement à la fois dans des projets de recherche innovants pour découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques notamment grâce à l’intelligence artificielle et de créer de nouveaux parcours de soins adaptés.
L’IHU ICAN, acteur clé de la prévention cardiométabolique
L’Institut hospitalo-universitaire ICAN s’impose comme un acteur majeur de la lutte contre les maladies cardiométaboliques en France. Dédié à la recherche translationnelle, il rassemble sur un même site (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière) chercheurs et cliniciens afin d’accélérer le passage des découvertes scientifiques vers des applications concrètes pour les patients.
- 170 médecins et 221 chercheurs
- Plus de 7 000 publications scientifiques
- 4 parcours de soin innovants
- 7 centres de référence maladies rares
- Plus de 42 000 patients inclus dans des registres cohortes ou études cliniques
- Le 1er IHU à avoir obtenu la certification ISO 9001, v2015







