Le big data est devenu un enjeu majeur pour construire la médecine de demain. L’avènement des Omics qui sont des techniques de génération de données massives dont la voie a été ouverte par la génomique mais qui a été complétée par d’autres disciplines comme la protéomique, métabolomique, lipidomique, transcriptomique permet l’accumulation d’un grand nombre de données hétérogènes qui représentent un vrai trésor pour la recherche mais encore faut-il pouvoir les utiliser. Aux Omics viennent s’ajouter une autre forme de data mais tout aussi précieuse, les données de santé des patients. Les progrès scientifiques et technologiques permettent la production et le stockage de données pour créer de vastes cohortes.

Tout l’enjeu des big data est aujourd’hui de pouvoir structurer les données, les caractériser, les annoter et les stocker en conformité avec la réglementation en vigueur sur la protection des données personnelles afin de pouvoir les rendre accessibles aux équipes de recherche pour les exploiter ainsi contribuer aux progrès scientifiques de demain.

Ce domaine en plein essor a conduit à des évolutions de la réglementation nécessitant un travail étroit entre les investigateurs, les équipes informatiques et juridiques. L’IHU-ICAN a relevé le défi et structuré un groupe d’expertise données. Au cœur des préoccupations de ce groupe de travail, l’anticipation des besoins des chercheurs, l’information des patients et le partage des savoir-faire au niveau international. En s’inspirant des structurations dans d’autres domaines (notamment industriels et agricoles), l’ICAN explore les hypothèses de plateformisation des données et services pour les solutions en santé, dans plusieurs domaines : diagnostic de la fibrillation atriale, prise en charge de la NASH, prise en charge du pied diabétique etc.

Enfin l’ICAN, à travers son conseil d’administration et, notamment son président Thierry Tuot, partage son retour d’expérience d’utilisation des données de masse de patients avec les régulateurs, participant ainsi aux évolutions de la réglementation dans le domaine.

Les atouts de l’IHU ICAN

A travers des projets innovants de grande envergure l’ICAN se positionne comme le leader des données de santé en cardiométabolisme.

Maestria un projet, innovant et audacieux, d’envergure internationale pour construire la médecine de demain

Le projet de recherche MAESTRIA (Machine Learning and Artificial Intelligence for Early Detection of Stroke and Atrial Fibrillation), coordonné par le Pr Stéphane Hatem, directeur de l’IHU-ICAN et de directeur de l’unité de recherche Inserm UMR_S1166, vise à développer une nouvelle approche pour une détection rapide de la cardiomyopathie atriale en créant les outils numériques multiparamétriques basés sur une nouvelle génération de biomarqueurs, notamment d’imagerie médicale associée à l’intelligence artificielle, dans le but de relever les grands défis de l’intégration des données et de la médecine personnalisée axée sur la cardiomyopathie auriculaire, la fibrillation auriculaire et l’AVC.

Ce projet prend la forme d’un consortium de 18 partenaires d’Europe, des Etats-Unis et du Canada répondant à un appel à projet H2020 (13.9 millions d’euros) sur le diagnostic numérique. Il illustre parfaitement l’intérêt de l’imagerie dans la médecine du futur et les nouvelles perspectives qu’elle offre.

MAESTRIA va permettre la constitution d’une base de données patients sur la cardiomyopathie auriculaire structurées dans le strict respect de la réglementation européenne (anonymisation des données patients, sécurité) et exploitables pour intensifier l’activité de recherche sur la cardiomyopathie atriale qui fait le lit de la fibrillation auriculaire et des accidents vasculaires emboliques. Il s’agit d’un projet tremplin intégrant des acteurs du secteur public et du privé et faisant appel à des données de santé très sensibles. MAESTRIA ouvre la voie pour inventer la médecine du futur. https://maestria-h2020.com/

MAESTRIA, un projet très innovant pour mieux détecter la cardiomyopathie atriale responsable de la survenue de la fibrillation auriculaire et d’accidents vasculaires embolique

La fibrillation atriale est le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque. Son incidence et sa prévalence sont en rapide croissance, principalement en rapport avec le vieillissement de la population. On peut estimer qu’en France environ 750 000 personnes sont victimes de fibrillation atriale. Cette importance entraîne un coût des soins élevé que l’on peut estimer à environ 2 milliards et demi d’euros par an.

Quels enjeux pour cette plateforme ?

La Fibrillation Auriculaire (FA), trouble du rythme cardiaque, est la plus fréquente des arythmies cardiaques et la première cause cardiaque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Fréquemment associée à l’insuffisance cardiaque, à l’hypertension artérielle mais aussi à l’obésité et au diabète, la FA touche environ 1 % de la population générale et jusqu’à 8 % des personnes de plus de 80 ans. L’enjeu aujourd’hui de la prise en charge clinique de la Fibrillation Auriculaire, est d’intervenir en amont de la survenue de l’arythmie, c’est-à-dire dès les premiers signes de cardiomyopathie atriale.

Coordonné par le Pr Stéphane Hatem, directeur de l’IHU-ICAN  et de l’unité de recherche 1166 à Sorbonne Université,  le projet MAESTRIA vise donc à développer une nouvelle approche pour une détection rapide de la cardiomyopathie atriale.

D’une durée de 5 ans, ce projet sollicite plusieurs expertises au sein de l’IHU-ICAN :
– Notre service des opérations scientifiques(SOS) pour le montage du projet
– Notre pôle juridique(PJV) pour les aspects réglementaires et éthiques
– La plateforme d’imagerie ICAN Imagingpour l’interprétation des données d’imagerie et d’ECG et l’Identification des algorithmes les plus adaptés à intégrer dans le démonstrateur MAESTRIA
– Le plateau d’investigation clinique et la plateforme ICAN Analytics pour définir la signature électrophysiologique de la maladie
– Le Centre de Ressource Biologique (CRB), ICAN Collection pour la bonne conservation des données biologiques de l’étude

En associant des données d’imagerie aux données physiologiques (omics, cliniques…) des patients, cette plateforme sera capable d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, afin d’obtenir une précision de diagnostic améliorée et augmentera l’efficacité et l’efficience des traitements en permettant une meilleure prévention des complications de la cardiomyopathie auriculaire, telles que la fibrillation auriculaire et les accidents vasculaires cérébraux.

Qu’est-ce qu’un appel à projet H2020 ?

Horizon 2020 est le programme de financement de la recherche et de l’innovation de l’union européenne. Ce programme vise à soutenir des projets de recherche résolument interdisciplinaires, susceptibles de répondre aux grands défis économiques et sociaux.