L’imagerie

Echographie, scanner, IRM, PetScan… Pour mieux voir la maladie, les médecins disposent d’une large palette d’outils en pleine évolution. Hier simple aide au diagnostic, l’imagerie s’impose désormais comme un outil incontournable à la fois dans l’amélioration des diagnostics et comme pour le pilotage des traitements. L’imagerie est désormais capable d’identifier les mécanismes anormaux au sein des tissus c’est-à-dire les processus physiopathologiques à l’origine des maladies qui peuvent être diagnostiquées plus précocement et plus précisément. Enfin, l’imagerie est aujourd’hui une interface majeure entre l’intelligence artificielle et la médecine.

Les atouts de l’IHU ICAN

L’IHU-ICAN se positionne comme un acteur incontournable de l’imagerie des maladies cardiovasculaires et métaboliques grâce à ses équipes expertes de chercheurs et de cliniciens et à la mise en place d’une plateforme d’imagerie cardiovasculaire et métabolique, unique en Île-de-France, avec l’acquisition en 2020 d’une IRM cardiovasculaire 1.5T de dernière génération.

L’Intelligence Artificielle (IA) offre à l’imagerie médicale de nouvelles perspectives car elle permet d’aller plus loin dans l’analyse et l’interprétation de l’imagerie grâce à sa capacité à intégrer, combiner et interpréter une multitude de données en un temps très court.

L’IA est capable d’intégrer les données des antécédents du patient, l’histoire de sa maladie, le contexte clinique, les paramètres biologiques et les données d’autres examens paracliniques et des examens antérieurs. L’expérience acquise au fil de l’intégration de données couplée aux données de la littérature médicale existante permet à l’IA de développer de nouvelles stratégies diagnostiques, d’évaluation pronostique et de prise en charge personnalisée des patients.

Désormais, la notion nouvelle de « biomarqueur » d’imagerie s’installe avec force, et le phénotypage avancé rendu possible par les techniques telles que l’IRM, le scanner, les ultrasons ou l’imagerie optique permet aujourd’hui d’ouvrir des fenêtres d’exploration inédites chez l’homme notamment dans le champ des maladies cardiométaboliques.

Les projets menés par les équipes de l’ICAN

EIT Health / CRM-AI

Il fait plus de morts que les accidents de la route, et pourtant on en parle rarement. Silencieux, l’anévrisme aortique est découvert neuf fois sur dix par hasard, souvent à l’occasion d’une échographie. Peut-on mieux prévenir les ruptures aortiques ? C’est le défi que relève le projet CMRai porté par EIT Health

L’anévrisme de l’aorte se définit par la dilatation localisée de l’aorte qui constitue un risque de rupture entraînant la mort du patient. Diagnostiqué suffisamment tôt, le traitement repose souvent sur la gestion d’une hypertension artérielle. Dans d’autres cas, une opération chirurgicale est envisagée pour traiter l’anévrisme au plus vite. Mais malheureusement le diagnostic est souvent tardif, réalisé lors de la rupture, et constitue un événement dramatique associé à une mortalité de 80-90%.

L’IHU-ICAN est à l’initiative du projet CMRai, ce projet est mené avec 9 autres partenaires européens : 7 partenaires académiques AP-HP (France), l’école de médecine d’Hanovre (Allemagne), l’université médicale de Vienne (Autriche), l’hôpital de Vall d’Ebron (Espagne), l’hôpital de Santamaria (Portugal), Ciencias Ulisboa (Portugal), et 2 partenaires industriels : Imageens (France) et Siemens Healthineers (Allemagne).

Le projet CMRai vise à améliorer le dépistage de l’anévrisme aortique, la prise de décision thérapeutique et sa prise en charge grâce à l’Imagerie à Résonnance Magnétique (IRM) couplée à l’analyse automatisée et multiparamétrique de l’aorte.

Porté par le Pr Alban Redheuil, responsable de l’imagerie cardiovasculaire à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et scientifique de la plateforme ICAN Imaging, par le Dr Nadjia Kachenoura, responsable du Laboratoire d’Imagerie Biomédicale (LIB) et par Ted Baldwin CEO d’Imageens, le projet CMrai implique plusieurs services de l’IHU ICAN :

Ce projet permettra donc de définir dès les premiers signes de la maladie un score de risque d’anévrisme aortique pour chaque patient, et donc de définir une stratégie de suivi et de prise en charge personnalisée.

CAST AF sur l’Arythmie Cardiaque

Les arythmies cardiaques ou anomalies du rythme cardiaque sont fréquentes et une des premières causes de mort subite d’accident vasculaire et d’insuffisance cardiaque. Le projet CATS AF s’intéresse à la plus fréquente des arythmies cardiaques, la fibrillation auriculaire. La fibrillation auriculaire est favorisée par un remodelage souvent très localisé du muscle cardiaque, difficile à identifier ce qui est nécessaire pour identifier les patients à risque et instituer précocement un traitement personnalisé du risque d’arythmie. Le projet CAST AF consiste à la confrontation des données d’imagerie IRM permettant de caractériser le tissu myocardique, son histologie notamment la fibrose et la présence de tissu gras, sa contractilité (strain) et une cartographie à très haute résolution de l’activité électrique du cœur enregistrée à l’aide de sondes introduites à l’intérieur du cœur chez des patients pris en charge pour le traitement d’arythmie auriculaire.

Les logiciels

L’IHU ICAN a des liens étroits avec le laboratoire d’imagerie biomédicale (LIB SU, INSERM, CNRS) qui développe des nouveaux logiciels d’analyse d’image comme le logiciel HeartFun qui permet de voir le flux sanguin dans l’aorte (imagerie 4D flux) ou encore un logiciel qui permet d’analyser la déformation des parois du cœur qui renseigne sur la trophicité du muscle cardiaque (strain). L’IHU ICAN offre toutes les expertises et l’environnement médical réglementaire pour valider ces logiciels chez des patients et définir leur intérêt en pratique clinique.