Fondation pour l’Innovation
en Cardiométabolisme et Nutrition

Alimentation et maladies cardiométaboliques : un levier majeur de prévention

À l’occasion de la Semaine nationale des maladies cardiométaboliques, l’IHU ICAN a consacré un premier webinaire au rôle de l’alimentation dans la prévention et la prise en charge de ces pathologies. Les échanges entre professionnels de santé et représentants de patients rappellent une évidence : l’alimentation constitue un levier central, mais elle ne peut être pensée isolément. Elle s’inscrit dans une approche plus large, qui prend en compte les conditions de vie, l’activité physique, la santé mentale et l’accompagnement des patients dans la durée.   

Les maladies cardiométaboliques regroupent des pathologies différentes mais étroitement liées entre elles, comme l’obésité, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, les dyslipidémies ou encore la stéatose métabolique du foie. Elles doivent être envisagées dans une logique de prévention globale, fondée sur l’identification de leurs facteurs de risque modifiables.   

[FICHE PRATIQUE] Des repères simples pour une alimentation saine  

  • Les produits ultra-transformés.   
  • Les produits riches en sel, comme certaines charcuteries ou préparations industrielles.   
  • Les produits sucrés et les sucres ajoutés.   
  • Les graisses saturées et les fritures consommées trop fréquemment.   
  • L’alcool, qui peut aggraver les déséquilibres métaboliques.   

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Nutrition et obésité/surpoids

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Nutrition et hypertension artérielle (HTA)

Fiche pratique n°3

Nutrition et MASH (stéatose hépatique métabolique)

Les maladies cardiométaboliques, un enjeu majeur de santé publique

Les maladies cardiométaboliques représentent aujourd’hui un défi sanitaire majeur. Ce ne sont pas des pathologies isolées : elles partagent des mécanismes communs et interagissent entre elles.  

Elles regroupent notamment :  

  • Le diabète,  
  • L’obésité,  
  • La stéatose métabolique (MASH),  
  • Les dyslipidémies. 

Lorsque plusieurs anomalies métaboliques coexistent, elles entraînent des réactions en chaîne dans l’organisme, augmentant le risque de comorbidités et de complications cardiovasculaires (AVC, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, hypertension artérielle…). 

Les maladies cardiométaboliques en quelques chiffres 

  • 73 % des événements cardiovasculaires sont liés à des facteurs de risque métaboliques modifiables.1   
  • 140 000 décès sont liés chaque année aux maladies cardiovasculaires en France.2   
  • 4,3 millions de personnes vivent avec un diabète en France.3   
  • 8,5 millions de Français sont concernés par l’obésité. 4    
  • 17 millions d’adultes présentent une hypertension artérielle, dont un tiers l’ignore. 5  
  • 1 français sur 2 sont concernés par le surpoids ou l’obésité. 6  

Les causes de déséquilibres : des facteurs multiples, bien au-delà du seul comportement individuel

L’obésité : une maladie façonnée par l’environnement

Le webinaire rappelle que l’obésité ne peut pas être réduite à une simple question de volonté ou d’équilibre entre apports et dépenses. Le Dr Silvia Barretta (IHU ICAN) souligne qu’elle s’inscrit dans un ensemble de déterminantsconcrets : habitudes de vie, travail sédentaire, organisation du quotidien, accès à l’activité physique, environnement alimentaire, mais aussi contraintes sociales et individuelles.   

Le témoignage de Marie Citrini, Vice-présidente de l’Association Poids Plumes France, éclaire cette réalité du point de vue des patients. Elle rappelle que la prise de poids s’accompagne souvent de culpabilité, d’isolement et d’un sentiment de responsabilité individuelle excessive, alors même que les causes de l’obésité sont plus larges et plus complexes.   

Le webinaire insiste également sur l’importance de mieux repérer les troubles du comportement alimentaire, les compulsions et l’alimentation émotionnelle, lorsque la nourriture devient une réponse au stress, à la frustration ou à d’autres émotions difficiles à réguler. Cette dimension psychologique, renforcée par la stigmatisation que peuvent subir les personnes concernées, peut compliquer durablement le rapport à l’alimentation et l’accès au soin.   

La MASH illustre l’effet direct des habitudes de vie sur le métabolisme 

La stéatose métabolique du foie (MASH) constitue un autre exemple particulièrement parlant. Dr Raluca Pais, gastro-entérologue et hépatologue (AP-HP, IHU ICAN), rappelle qu’elle correspond à une accumulation de graisse dans le foie en présence de facteurs de risque métaboliques, en particulier l’obésité et le diabète de type 2. Elle souligne aussi le rôle de la sédentarité et de plusieurs facteurs environnementaux dans son développement.   

L’intervention du Dr Raluca Pais met surtout en évidence le poids croissant des aliments ultra-transformés dans l’environnement alimentaire contemporain. Conçus pour être très appétents, ces produits favorisent la surconsommation et participent à l’installation de déséquilibres métaboliques durables. Le rôle de l’environnement ne se limite donc pas à l’offre alimentaire : il concerne aussi les conditions dans lesquelles les comportements se construisent et se répètent au quotidien.   

Prévenir et traiter les maladies cardiométaboliques

L’alimentation agit directement sur les mécanismes cardiométaboliques 

L’alimentation intervient directement dans les grands mécanismes impliqués dans les maladies cardiométaboliques :  

  • L’excès de sel favorise l’élévation de la pression artérielle
  • Une consommation excessive de sucres contribue aux déséquilibres du glucose et des lipides.  
  • La qualité des graisses influence le cholestérol et la sensibilité à l’insuline

Sortir de la logique du régime 

L’un des messages les plus clairs du webinaire est le rejet d’une approche centrée sur le régime restrictif. Le changement alimentaire est présenté non comme une parenthèse de restriction, mais comme un apprentissage progressif, réaliste et durable.   

« Ce n’est plus une question de régime, c’est une question d’apprendre à équilibrer une assiette, un quotidien, une semaine. »

 Marie Citrini, Vice-présidente de l’Association Poids Plumes France. 

Cette approche est essentielle, car les changements alimentaires ne tiennent dans le temps que s’ils sont compatibles avec la vie quotidienne. Le webinaire insiste sur une logique de progression : faire évoluer ses habitudes, cuisiner plus simplement, prendre davantage le temps de manger, limiter les produits ultra-transformés, sans s’enfermer dans une succession d’interdits ou d’échecs.   

Le régime méditerranéen comme repère 

Parmi les repères évoqués, le régime méditerranéen apparaît comme une référence utile. Le Dr Raluca Pais (AP-HP-IHU ICAN), souligne qu’un modèle alimentaire riche en aliments peu transformés, en fibres, en graisses de qualité et en oméga-3 peut avoir un effet bénéfique sur la santé métabolique, notamment dans le cadre de la stéatose métabolique du foie. Son intérêt tient au fait qu’il agit sur la qualité globale de l’alimentation, et pas uniquement sur le poids.   

L’accompagnement direct des patients, une condition de réussite 

Le webinaire rappelle que les conseils alimentaires, à eux seuls, ne suffisent pas. La prise en charge doit s’appuyer sur un accompagnement coordonné et personnalisé, associant selon les besoins médecins, diététiciens, psychologues et autres professionnels. Le Dr Silvia Barretta (IHU ICAN), souligne notamment la place du soutien psychologique.   

L’exemple du programme Diet’ à Dom, présenté par Elise Bourgeois, Responsable de la recherche clinique à la Ligue nationale contre l’obésité, illustre concrètement cette logique d’accompagnement. Destiné à des enfants après une hospitalisation pour obésité, ce programme propose un accompagnement d’un an par un diététicien intervenant directement au domicile, au cœur de l’environnement familial dans le but de favoriser un changement durable des comportements de l’enfant mais aussi de ceux des parents. 

L’importance de la recherche pour mieux comprendre et mieux prévenir

Produire des connaissances utiles à la prévention 

Le webinaire rappelle que la recherche joue un rôle central dans la compréhension des maladies cardiométaboliques. Elise Bourgeois souligne qu’elle permet d’affiner la connaissance des mécanismes de l’obésité et des troubles associés, d’accompagner les avancées thérapeutiques et de structurer des parcours de soins plus pertinents. La recherche ne vise donc pas seulement à produire des données : elle permet aussi d’améliorer les stratégies de prévention et de prise en charge.  

Le rôle de l’IHU ICAN dans la recherche en cardiométabolisme 

En tant que centre d’excellence dédié à la recherche sur les maladies cardiométaboliques, l’IHU ICAN travaille à mieux comprendre les interactions entre nutrition, métabolisme et maladies chroniques, afin d’identifier de nouveaux leviers de prévention, d’améliorer le dépistage précoce et de faire évoluer les stratégies de prise en charge. Cette mission s’inscrit dans une dynamique de collaboration étroite avec les partenaires académiques, les professionnels de santé et les associations de patients.

Elle se traduit aussi par une participation à des projets structurants, comme GRIPonMASH, une initiative européenne visant à transformer le repérage et le diagnostic des patients à risque de stéatose hépatique métabolique (MASLD/MASH), grâce à des outils de dépistage plus précoces, plus personnalisés et moins invasifs. Dans ce cadre, l’IHU ICAN contribue notamment à l’inclusion de patients à haut risque et à l’expertise médicale déployée autour de cette pathologie.  

Diffuser les connaissances au-delà du cercle scientifique

L’action de l’IHU ICAN ne se limite pas à la production de connaissances scientifiques : elle passe aussi par leur diffusion auprès du grand public, des patients et des acteurs de santé. La Semaine nationale des maladies cardiométaboliques en est une illustration concrète. Organisée par l’IHU ICAN, cette campagne de sensibilisation propose des webinaires, conférences, podcasts, outils d’évaluation du risque cardiométabolique et actions de prévention destinées à rendre ces enjeux de santé plus lisibles et plus accessibles.

Elle s’appuie sur un travail partenarial associant plusieurs associations de patients et de soutien, parmi lesquelles Poids Plumes France, la Fédération Française des Diabétiques, SOS Hépatites & Maladies du foie, Cardio-Greffes Île-de-France, l’Amicale des transplantés de la Pitié-Salpêtrière, le Collectif National des Associations d’Obèses (CNAO), ainsi que la Ligue contre l’obésité. En rapprochant expertise scientifique, parole des soignants et expérience des patients, cette démarche contribue à faire progresser la prévention, la compréhension des maladies cardiométaboliques et l’appropriation des messages de santé par le plus grand nombre. 

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