NASH Day : comment lutter contre la stéatose hépatique non alcoolique ?

À l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la NASH organisée le 9 juin 2022, l’IHU ICAN revient sur les moyens de lutter contre cette maladie du foie qui touche 25% de la population adulte mondiale.

Aussi appelée « maladie du foie gras » ou « maladie du soda », la stéatohépatite non alcoolique ou « NASH » (Non-Alcoholic SteatoHepatitis) est une maladie chronique due à l’accumulation de graisse intra hépatique dans le foie (stéatose), associée à des facteurs de risque métaboliques (obésité, diabète de type 2…), mais non liée à une consommation excessive d’alcool.

La NASH : une maladie en progression constante

Le nombre d’individus atteints de stéatose métabolique est en forte progression et continuera d’augmenter dans les années à venir, notamment en raison de la recrudescence des cas de diabète de type 2 et d’obésité à travers le monde.

  • 18,2% de la population adulte en France touchés (25% dans le monde, 32% aux Etats-Unis)
  • 7 000 décès par an en France (118 000 en Europe, 104 000 aux Etats-Unis)
  • 3 445 000 nouveaux cas en Europe en 2016
  • Âge moyen d’apparition : 52 ans (chez les hommes principalement)

Source : Ref. Serfaty Gastroenterology 2020, cohorte CONSTANCES

Quelles sont les causes de la NASH ?

Une des causes principales du développement de la NASH est la résistance à l’insuline d’un individu, associé à des facteurs de risque métaboliques tels que :

  • L’obésité sévère,
  • Le diabète de type 2 (plus de 70% des patients diabétiques sont touchés par la stéatose),
  • L’hypertension artérielle,
  • L’apnée du sommeil,
  • La dyslipidémie,
  • Le vieillissement,
  • Ou encore des facteurs génétiques (PNPLA3, TM6SF2) et épigénétiques (cas d’agrégation familiale en relation avec les facteurs d’environnement et épigénétiques).

Maladie considérée comme silencieuse, la NASH est souvent diagnostiquée de manière inattendue, parfois à des stades avancés : fibrose, cirrhose, carcinome hépatocellulaire…

Comment prévenir la NASH ?

Il n’existe pas de traitement efficace pour soigner un patient atteint de la NASH. La recherche et l’innovation sont donc essentielles pour améliorer la prise en charge des malades.

Cependant, certaines mesures hygiéno-diététiques sont fortement conseillées pour les patients, à tout stade de gravité de la stéatose hépatique :

  • Changement dans l’alimentation avec un régime adapté, limitation de la consommation d’alcool, diète,
  • Lutte contre la sédentarité, avec une augmentation de l’exercice physique et sportif,
  • Contrôle du poids,
  • Contrôle du diabète.

Ces modifications sont primordiales pour favoriser la régression de la maladie (stéatose, NASH ou fibrose) et pour ralentir l’évolution vers la cirrhose et ses complications (cancer hépatique, décompensation de la cirrhose…).

Dans les cas où les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à ralentir l’évolution de la NASH, la chirurgie bariatrique peut être envisagée :

  • Pour les patients obèses sans fibrose avancée, elle permet une amélioration significative de l’atteinte hépatique avec un retour à un foie normal dans une proportion considérable des cas.
  • Pour les patients avec une fibrose avancée (≥ F3) ou atteints de cirrhose, les résultats sont cependant modérés.

NASH : comment améliorer la prise en charge des patients ?

La NASH a un impact significatif sur les dépenses de santé publique, avec des coûts directs et indirects liés à la maladie qui sont importants pour les systèmes de santé. En effet, cette maladie est une pathologie multifactorielle qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire.

Pour répondre à cette problématique, l’IHU ICAN a contribué en 2019 à la mise en place de la clinique NASH aux côtés de l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), qui est aujourd’hui la 1èrestructure hospitalière de diagnostic et de prise en charge multidisciplinaire des patients atteints de stéatose métabolique en France.

  • Plus de 300 patients pris en charge depuis sa création entre 2019,
  • Un parcours de soins innovant, pluridisciplinaire et personnalisé,
  • Un circuit unifié et fluide, dans un même lieu situé à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris),
  • Une équipe dédiée : hépatologue, radiologue, nutritionnistes, diététicienne, éducation thérapeutique et éducateurs sportifs.

En savoir plus sur la clinique NASH.

Comment agir dans la lutte contre la NASH ?

Les dons sont essentiels pour soutenir l’excellence de la recherche française sur les maladies du cardiométabolisme et agir face à cet enjeu majeur de santé publique. Découvrez à quoi servent vos dons.

  • Vous pouvez choisir de soutenir la recherche médicale contre la stéatose hépatique non alcoolique aux côtés de l’IHU ICAN en faisant un don pour les projets développés par la clinique NASH. Contactez Francine Trocmé par e-mail à trocme@ihuican.org ou par téléphone au 01 88 40 64 05.

Vous pouvez également soutenir l’ensemble des activités de l’IHU ICAN, qui lutte au quotidien contre les autres maladies du cardiométabolisme (obésité, diabète, maladie des vaisseaux et du cœur…).